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Ceux que l'on ne voit plus

     Je ne vais pas parler de ceux qui s'envolent parmi les papillons de Charcot, mais de ceux qui au sein de notre entourage, familial ou amical, disparaissent lorsque la maladie nous touche. Ce sont parfois nos meilleurs amis, nos relations de travail, mais ce sont aussi nos parents proches, frères, soeurs, père, mère... Nous pouvons tous citer des dizaines de personnes qui sont restées silencieuses à nos appels et qui nous ont effacé de leur vie. C'est cruel, inadmissible, lâche... et pourtant ! Il m'est impossible de croire qu'il y ait autant de personnes de mauvaises intentions ou souillées d'idées reçues, de préjugés à notre égard. 
     Il y a un réel problème de fond au niveau de notre éducation. Parce que le handicap ne fait pas partie de notre enseignement, parce qu'on nous apprend la morale, les bonnes manières, sans jamais nous parler du handicap. Alors il ne faut pas s'étonner si l'on se retrouve complètement démunis le jour où nous nous trouvons confrontés à une personne privée, même partiellement, de ses capacités physiques ou mentales. Parce que depuis notre enfance, le monde que l'on a bâti autour de nous comprend le bien, le mal, le bon, le mauvais sans que la différence, la nôtre, n'y ait trouvé sa place.
     Nous pouvons alors éprouver de la colère envers ceux qui nous tournent le dos. Il y aura toujours ceux qui ne veulent pas s'emmerder avec les problèmes des autres, mais je sais pertinemment que parmi eux, certains nous aiment beaucoup, que la maladie les effraie, les meurtrit et qu'ils souffrent, sans doute plus que nous...