L’évolution
A la suite
du diagnostic, la dégénérescence allait toucher progressivement
la main gauche, les bras puis les jambes.
2006 : j’arrivais encore à marcher
avec l’aide d’une personne. Je conduisais encore, je me rendais au boulot
et pouvais encore écrire de la main gauche. En fin d’année,
j’emménageais mon bureau au rez-de-chaussée, car prendre
l’escalier pour accéder au 1er étage devenait trop
pénible.
2007 : Je devais prendre un fauteuil roulant,
accompagné en véhicule spécialisé pour me rendre
au boulot (45 km), puis j’ai pris un petit fauteuil d’intérieur,
un go-chair, le seul qui passait les portes de la maison.. Fin septembre,
je cessais mon activité professionnelle et, à partir de ce
moment, j’ai eu recours à une auxiliaire de vie pour me lever, me
déplacer et pour manger.
2008 : Je mangeais de plus en plus liquide
et mes membres devenaient inévitablement inertes, jusqu’à
prendre un lève personne pour aller-venir du lit au fauteuil du
salon ou aux toilettes.
2009 : Petit à petit, je ne sortais
de mon lit que pour aller aux toilettes et en fin d’année, ne pouvant
plus m’alimenter en quantités suffisantes, nous envisagions la pose
d’une gastrostomie pour injecter directement dans l’estomac une nourriture
protéïnée et vitaminée..
2010: Le 17 janvier au soir, j’ai
fait un blocage respiratoire, trop faible pour expectorer (tousser). Dans
le plus grand calme, Valérie me tenait la main. Je la regardais,
j’étais bien et l’oxygène ne me manquait pas. Puis juste
avant de perdre connaissance, après 4 à 5 minutes d’apnée,
elle m’a demandé si je voulais bien qu’elle appelle les pompiers.
La réponse ne fut pas prompte, mais commençant à y
voir tout gris… j’ai dit oui, puis j’ai perdu connaissance.
Je me suis réveillé 3 jours
plus tard , j’ai repris connaissance aux urgences de Martigues
avec une trachéotomie. J’y suis resté trois semaines, avec
de bons souvenirs d’assistance du personnel, puis de moins bons, essentiellement
dûs à leur méconnaissance de cette maladie que l’on ne pouvait
leur reprocher étant donné son caractère orphelin..
Depuis, je suis accompagné d’un ou
d’une auxiliaire de vie 6 jours sur 7 et d’une infirmière 2 fois
par jour pour les toilettes, soins, changements de canules… Après
une période, dans l’ensemble fort désagréable avec
l’HAD (aucun horaire de passage défini, des changements incessants
d’infirmières, qui pour la plupart, manquaient de compétences
pour ma pathologie, quant à l’encadrement, no comment !…)
Nous passons, depuis, de très bons moments avec les deux infirmières
libérales, Christine et Audrey, qui ont succédé à l’HAD,
puis l’équipe d’auxiliaires de vie qui se stabilise avec, essentiellement,
Arno et Carole, puis Garance. Les toilettes sont souvent accompagnées
d’éclats de rires, ce qui rend, bien évidemment, les matinées
beaucoup plus agréables.
Je me suis équipé d’un
système
de communication par les mouvements et clignements des yeux (Quick
glance
TM3, puis 4) pour communiquer, mais aussi pour travailler sur mes sites
web, mes
pages facebook et participer à divers projets scientifiques. Je
continue également à gérer mes associations, ce
qui me procure chaque jour des objectifs et un échappatoire
pour l’esprit. Il me vient alors une devise, un principe essentiel : se
sentir utile, c’est rester vivant !
Actuellement: Mes fonction vitales sont
assurées par des machines. Quand je ne suis pas trop fatigué,
j’arrive à travailler jusqu’à 16h00 par jour. Grâce à
un boîtier IRTANS je contrôle la télé, le lit,
la clim…. Sa programmation n’est pas très simple, mais tellement
pratique. Je pourrais aider des personnes à créer une télécommande
personnalisée et leur donner un mode opératoire pour saisir
les codes avec une petite manip.
Voilà, je ne suis pas à plaindre;
j’ai toutefois une paralysie faciale qui évolue lentement, et si
je venait à ne plus pouvoir utiliser l’ordi avec les yeux, j’entreprendrai
le protocole de fin de vie que j’ai défini au près de l’ADMD.